LA SIESTE AU TRAVAIL

Le premier qui n’a jamais rêvé de faire un petit somme au bureau après la pause déjeuner lève la main ! C’est bien connu, la sieste a des bienfaits universels et elle n’est pas réservé qu’aux enfants ou aux personnes âgées. Elle apparaît comme étant la seule façon naturelle pour éviter une somnolence intempestive ressentie six heures après le lever. Si la sieste est un droit dans la constitution en Chine, elle est perçue différemment dans d’autres pays. Surtout quand il s’agit de la sieste au travail ! Quels en sont les bienfaits ? Tour du monde de la pratique de la sieste en entreprise…

Les bienfaits de la sieste au travail

La sieste a de nombreux avantages, elle :

  • Booste l’efficacité
  • Permet d’être mieux éveillé et plus attentif
  • Réduit le stress
  • Libère la créativité
  • Améliore la mémoire et la concentration
  • Stabilise le rythme cardiaque
  • Rééquilibre le fonctionnement nerveux

Faire une sieste de 5 à 20 min permet de rester dynamique en rechargeant les batteries de façon efficace.

En Asie :Le sacre de la sieste au travail

Les champions de la sieste sont les Chinois ! En effet, le droit au repos est inscrit dans l’article 43 de la Constitution depuis 1948 « les travailleurs de la République populaire de Chine ont droit au repos. ». De plus, « l’Etat accroît le nombre des installations pour le repos et le rétablissement des travailleurs». D’un point de vue historique, c’est ainsi dans la Chine Antique que la pratique de la sieste prend ses origines. Selon les principes du yin et du yang, elle permet alors de rétablir l’harmonie et l’équilibre. Donc, les Chinois, quand ils sont fatigués d’avoir travaillé dur, peuvent se reposer sans être sanctionnés. Et travailler encore plus en se réveillant !

Dans les entreprises japonaises, la sieste est une idéologie complètement acceptée. Cette pratique porte même un nom l’inemuri, qui veut littéralement dire « dormir alors que l’on est présent ». Que ce soit dans les transports en commun, seul(e) à son bureau ou en pleine réunion, toutes les occasions sont alors bonnes pour s’assoupir n’importe où. Certains japonais font même semblant de s’endormir pour être bien vus de leur hiérarchie. En effet, il est préférable d’exercer l’inemuri ou le feindre pour prouver que l’on travaille dur au point de plus pouvoir tenir debout.

La culture anti-sieste à l’anglo-saxonne

En Angleterre, c’est tout à fait le contraire. Les anglais en activité se contentent d’une phase unique de sommeil pour se reposer, à savoir : la nuit. En guise de compensation, la plupart finissent leur journée de travail à 18h.

De l’autre de côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis, la sieste est seulement tolérée mais pas encouragée. Exception faite en Californie, dans la Silicon Valley, où les entreprises révolutionnent la sieste en prônant le bien-être au travail. Par exemple, Google a installé des petites cabines ou capsules futuristes de repos dans les bureaux. De quoi permettre ainsi à leurs employés de se reposer quand bon leur semble.

Les désaccords des pays européens
en matière de sieste

En Allemagne, le retour de la sieste au travail fait de la résistance. Cependant, on voit apparaître des initiatives pour le rétablissement de la sieste par de grandes entreprises comme Lufthansa, BASF et Opel. Ces dernières ont en effet aménagé des espaces de repos pour leurs employés.

Comment parler de la sieste sans évoquer l’Espagne ! Pour les Espagnols, la « siesta » est sacrée ! A tel point que la majorité des entreprises espagnoles ont conservé encore la tradition de la pause déjeuner de 3 heures ! C’est pourquoi, les salariés préfèrent rentrer chez eux que de faire la sieste au travail. Par ailleurs, certains politiques locaux considèrent que cette coupure bien trop longue peut handicaper la capacité de collaboration des entreprises espagnoles avec leurs homologues européens.

En Italie, l’équivalent italien de la « siesta » est le « riposo ». Après le déjeuner, le « riposo » peut durer de 2 à 4h. La sieste démarre alors entre 12h et 13h30 et se prolonge jusqu’à 14h30, voire même 16h. A la grande déception des touristes qui s’étonnent de voir quelques fois en début d’après-midi toutes les portes fermées.

Pour finir, en France, c’est en partie dans les start-ups et quelques entreprises technologiques que la sieste au travail est acceptée. Certains salariés français peuvent bénéficier d’une « siesteria » (nom technique pour un espace spécialement adapté pour faire la sieste) installée par leurs employeurs. En revanche, dans le monde impitoyable de la finance, de la grande distribution ou de l’industrie, la sieste doit encore faire ses preuves pour être définitivement tolérée.

Le business de la sieste

Si leurs employeurs ne proposent pas de « siesterias », les adeptes de la sieste peuvent avoir recours à des solutions alternatives externes à l’entreprise avec une contribution financière.

Créé en 2011, ZZZen est le premier bar à sieste de France installé à Paris. Depuis, d’autres enseignes comme Au Petit Repit d’Isana à Belfort, Lasiestin à Marseille, My cup of time à Lyon, ont vu le jour dans l’hexagone. Ces bars proposent de faire la sieste, en contrepartie d’une somme, allant de 5€ et 27€. Les prestations proposées (formules et confort) varient selon les établissements : micro-sieste/sieste flash (15 min) ou royale (45 min), en bulle individuelle ou en espace partagé, dans un hamac ou un fauteuil apesanteur avec zéro gravité, sur un matelas à eau/hydromassage ou un lit massant de Shiatsu aux pierres de Jade…

La sieste chez les gens célèbres

Albert Einstein
Le physicien n’était pas un adepte des longues nuits de sommeil mais pratiquait le sommeil polyphasique (fractionné au cours de la journée) en s’accordant plusieurs petites siestes.

Winston Churchill
L’ancien Ministre britannique écrivait dans ses mémoires que certes, il faisait de courtes nuits mais qu’il pratiquait des siestes quotidiennes pour retrouver toutes ses forces vitales.

John Fitzgerald Kennedy
Connu pour ses 2 heures de sieste quotidiennes, cet emblématique Président des Etats-Unis pratiquait ce rituel très sérieusement au sein de la Maison Blanche.

Jacques Chirac
Fervent défenseur de la sieste, l’ancien Président a même rédigé la préface de l’ouvrage de Bruno Comby “Eloge de la sieste”.